Jean Labre (photos M. Vicent-Roubert)Tous les harmonicas
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Edito

 

The Artist
J'ai fait la découverte du cinéma muet à la fin des années 30 au cinéma « Le Taine », situé dans la rue du même nom, à Paris dans le 12ème arrondissement. Lieu culte du 7ème art à cette époque, rendez-vous de mon imaginaire d'enfant, où je me rendais de temps à autre avec ma grand-mère.
Le temps s'est écoulé, je n'en suis pas moins resté un inconditionnel de cet art inégalé de la pantomime, grâce auquel ce sont les yeux qui entendent ce qui se dit. L'œil écoute, et ce processus est largement favorisé par l'accompagnement musical qui empêche le spectateur d'entendre le silence du film.
« The Artist », saluons dans ce film la performance de Jean Dujardin et de sa partenaire Bérénice Bejo, sans oublier le petit chien Uggie, première star canine hollywoodienne à recevoir un Oscar, ô combien mérité.
A l'heure de la 3D, il fallait du courage et de l'obstination pour sortir un film muet en noir et blanc. Rencontre entre le cinéma muet et l'écriture musicale, scène privilégiée de l'art gestuel qui propose une nouvelle clé de lecture aux spectateurs ; un bel hommage rendu à Charlie Chaplin et aux « Temps Modernes".
Je suis toujours resté à l'écoute des musiques de films. Il m'arrive même souvent de privilégier l'écoute de la musique plutôt que l'image.
Cette musique, qui favorise l'échange et le respect de l'autre qui ne parle pas notre langue, pas plus que nous la sienne... autre forme de langage ; autre gestuelle spontanée, celle qui consiste pour nous autres harmonicistes à porter un harmonica à nos lèvres. Tel ce dialogue avec mon ami harmoniciste coréen, Lea Hea Bong, avec lequel je partage parfois des instants privilégiés... musique en bouche ; ou bien encore avec Jun Fukamachi, ce génial pianiste japonais avec lequel il m'est arrivé d'improviser "ad lib", jusqu'à plus soif, sur le thème des « Feuilles mortes » entre autres, devant une audience de rêve.
Mais cela va plus loin encore. Je suis resté scotché devant une émission de Thalassa se déroulant en Polynésie, dans l'archipel des Tuamotu, où l'on voyait un musicien entamer un dialogue musical avec une baleine ! Il s'agit de Pierre Lavaque, inventeur d'un instrument le « Shelltone », conçu spécialement pour cette aventure incroyable, basé sur le principe de la conque marine, assisté pour la circonstance d'une bouée hydrophone immergée entre la baleine et lui. Concert stupéfiant au cours duquel tous deux nous ont offert une "Jam", se répondant en alternance, dans des interventions de 4 mesures, respectées à la lettre par la baleine ! Oui j'ai compté !
La relation être humain-cétacés semble s'être améliorée depuis Moby Dick. D'autres dansent bien avec les loups...
Mais laissons au philosophe Friedrich Nietzsche le soin de conclure ce bavardage: « Sans la Musique la Vie serait une Erreur »... Point barre.
Jean Labre
Paru le 15 mars 2012

 

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